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Pourquoi fallait-il participer à l’Electro Alternativ sur Toulouse ?

L’Electro Alternativ s’est parfaitement clôturé il y a quelques semaines pour nous laisser pleins de souvenirs dans des lieux emblématiques de Toulouse. Entre conférences, divers films, et des soirées invitants des artistes du globe, LOFI en a profité pour faire ce rush de 3 semaines dans l’objectif de conclure sur une question : pourquoi faut-il participer à l’Electro Alternativ ?

PREMIÈRE SORTIE, DIRECTION DETROIT

Il était à l’affiche à l’Auditorium du Musée du Louvre de Paris : Never Stop, une musique qui résiste. Film documentaire de 79 minutes et réalisé par Jacqueline Caux qui témoigne de la suite de son premier documentaire : Cycles of The Mental Machine. Le synopsis est simple, on se place à Detroit en découvrant une ville dans ses années sombres. En pleine crise industrielle, elle sort peu à peu de ses difficultés en participant à un nouvel essor : la musique techno et la création de ses labels indépendants. Les légendes telles que Carl Craig, Derrick May ou encore Juan Hetkins nous apportent leurs témoignages. Le parcours est habilement retracé avec les archives de pionniers. Du début chez Mojo, aux labels majoritairement indépendants d’aujourd’hui, l’évolution a souligné nombre de questions. Du point de vue de l’éthique du premier métier de DJ, en passant par le monde du business et plus largement de son industrie. Film bilan d’une époque qui a tout chamboulé, Jacqueline Caux nous a fait découvrir Detroit sous une de ses plus belles facettes et certainement son amour pour cette ville qui se reconstruit encore aujourd’hui.

Affiche du film Never Stop

RETOUR A TOULOUSE POUR LES FESTIVITÉS

En attendant la prochaine projection, on se rend aux Abattoirs pour la soirée qui accueille La Fleur, Paul Ritch et un certain Sam Paganini. Il y a foule et c’est la première chose qu’on remarque. L’objectif pour l’équipe a été d’atteindre le devant de la scène, un endroit optimal pour profiter des basses. Une fois le soleil toulousain couché, l’atmosphère était vraiment joyeuse et la soirée ne faisait que commencer. À 23 heures Sam Paganini termine son set, un vide, pourtant aucune déception n’est de mise, car la soirée est prolongée dans le sud de Toulouse, au Bikini. Et pour la suite, on a le droit à Regis, Tijana T et l’excellent duo SHXCXCHCXSH. Le temps du voyage, moyennement long, est l’occasion pour éliminer les quelques bières consommées quelque peu avant. Après une marche active quasiment dans le noir, le Bikini se profile devant nous et la queue témoigne de la masse qui a fait le déplacement depuis le musée d’art contemporain. Une fois à l’intérieur, la magie du Bikini opère comme si c’était la première fois : immersion totale avec le son d’une intensité peu égalée et des effets visuels quasi surréalistes. Par quel procédé ? Et bien tout simplement grâce un écran géant qui était sans cesse bombardé d’effets visuels plus immersifs les uns que les autres. Diffusé devant les artistes, cela ne les ont pas empêché d’assurer des sets de qualités qui ont abouti à une expérience inhabituelle et cette performance on l’a doit à Malo Lacroix, artiste visuel. Jouant de l’ombre de l’écran, le duo suédois SHXCXCHCXSH, nous a délivré l’ambiance qui les caractérise : une techno abstraite mélangée à des sonorités industrielles. Le moment de gloire était pour Régis qui a clôturé plus que largement la soirée, comme à son habitude, au petit matin.

Tijana T © Louis Derigon Photography

DEUXIÈME LONG FORMAT

Le clap de la deuxième projection est arrivé et il s’agit d’Écoute Virtuose. Film documentaire réalisé par Anaïs Prosaïc qu’il relate la collaboration de la compositrice Éliane Radigue avec différents panels d’artistes. Pionnière du synthétiseur et totalisant une vingtaine d’œuvres, c’est à partir de 2001 qu’elle se consacre autrement à la musique, ayant arrêté de composer. Son objectif est ancré comme dans ses œuvres : trouver la note juste et se l’approprier le plus longtemps possible, à savoir sur une grande échelle. Le résultat sur le public paraît inédit lorsque l’on assiste aux représentations. Mais ce n’est pas tout, les séances de répétitions sont aussi un nouvel entraînement pour les artistes. Car aucune méthode de travail n’est laissée au hasard et les artistes n’ont pas souvent le choix que d’écouter la grande compositrice de l’ARP 2500. Dans le cadre du festival, Éliane Radigue a fait le déplacement et les multiples questions posées témoignent de l’héritage qu’elle nous a transmis et qui a encore une bonne route devant soi.

En somme, l’Electro Alternativ est le festival qui rend le mois de septembre tumultueux. Il résonne comme le plus long festival de France et nous a montré qu’il savait être là où il fallait. La liste des lieux qu’il a investis ne peut pas se compter sur le bout des doigts. La liste des artistes qui y ont œuvré non plus. En revanche, le partage et l’avoir culturel, eux, se comptent chaque jour. Ainsi, on espère encore pleins de nouvelles surprises pour l’édition de l’année prochaine.

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