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Fort Festival 2018, plein la vue

Pour la deuxième année consécutive, LOFI a été invité à couvrir le Fort Festival se déroulant à Tossa de Mar , pour ne rien vous cacher, on a encore du mal à s’en remettre tant celui-ci nous a fait plaisir.

Comme attendu, nous avons été totatalement conquis par les lieux. Entourée par des collines sur lesquelles prospèrent une nature remarquablement préservée, la ville de Tossa de Mar compte parmi les rares cités médiévales de la côté méditerrannées ayant échappée à la destruction causée par les divers conflits et surtout, aux sauvages opérations immobilières de promoteurs peu scrupuleux qui ont saccagé la Costa Brava. Son paysage exquis, ses ruelles étroites chargées d’histoire, ses plages au sable rougeâtre. Tossa possède un charme fou auquel il est difficile de ne pas succomber. Avec ce bel été indien, nous avons largement profité des plages et des eaux turquoise qu’offre cette station balnéaire au caractère unique; la crique se situant au pied de la falaise sur laquelle trône le fort fut notre plage favorite. Toutefois, nous n’étions pas à Tossa pour faire de la randonnée subaquatique, mais bien pour assister au Festival se tenant sur les ruines du Fort surplombant la ville.

Crédit photo: Nel\G Photography

Le Fort Festival offre deux scènes à la vue exceptionnelle, celle de « l’Église » au centre des ruines et celle du « Phare » situé au sommet de la falaise. La première a majoritairement programmé les artistes de dimension internationale (Jeff Mills, Rodhad, Maceo Plex, Mano Le Tough, Paul Ritch, Christian Loffler, etc.) tandis que la seconde a vu majoritairement défiler les DJ locaux (Juli, Gerard Bauza, Nico Rodas, Hallsax, Lis Sarroca, Satori, etc.).

Crédit photo: Nel\G Photography

La soirée du vendredi était consacrée aux « lives » d’artistes associés au courant « dark techno ». Nous avons retenu la performance ténébreuse du vétéran Undo ainsi que la subtilé du set mélancolique de Christian Loffler collant parfaitement à la magie des lieux. La soirée du samedi a fait place à une techno aux tonalités plus industrielles. Notre coup de cœur va au set sans concession de Paul Ritch qui a littérament chauffé à blanc le public avant l’arrivée de Jeff Mills.
Ayant assistés récemment aux somptueuses représentations de l’américain avec l’Orchestre National du Capitole et souvent déçus par des prestations où le natif de Detroit se contentait de «faire le job», nous n’attendions spécialement une grande performance, à tort! Accompagné de sa TR 909, Jeff Mills a effectué un set hybride où l’improvisation occupa la plus large part. Après une introduction étonnamment courte, The Wizard a donné le meilleur de lui-même en distillant des séquences rythmiques venues d’ailleurs. Lors de cette soirée, nous nous sommes réconciliés avec la légende. Quant aux DJ locaux, le B2B de Juli et Jairo Uria a marqué les esprits: nerveux et maintenant la pression sur le public , il a attiré autant de monde à la scène du Phare qu’à celle de l’Eglise où jouait pourtant Rodhad. Pour des raisons logistiques, nous n’avons malheureusement pu assister aux sessions du dimanche, nul doute qu’elles ont été du même calibre compte tenu de la programmation proposée.

Crédit photo: Nel\G Photography

Conclusion: Que faut-il retenir du Fort Festival? Vaut-il le déplacement?

Selon notre expérience et en la confrontant avec nos confrères présents sur place, le Fort Festival propose à tous les aficionados de musiques électroniques le plus beau spot européen, c’est aujourd’hui une certitude. Le Fort Festival procure un sentiment de plénitude comme nous n’en avions jamais ressenti auparavant. Le public, majoritairement venu des environs (Gérone et Barcelone), y a fait aussi pour beaucoup: festif, chaleureux, sensuel. Les Catalans vous embarquent dans leur univers où douceur et folie se côtoient.

Crédit photo: Nel\G Photography

Nous avons également été très impressionnés par l’organisation qui n’a pas lésiné sur les moyens. Un personnel à l’écoute des festivaliers, une sécurité optimale malgré les caractéristiques du lieu, un soundsystem à la hauteur de l’évènement , une attente modérée devant les guichets et les bars, un merchandising discret ne cédant pas à la vulgarité, un backstage à l’ambiance conviviale où les médias ont travaillé dans des conditions parfaites, alors que le festival n’en est qu’à sa deuxième édition, il nous a littéralement bluffé par sa maturité.
La programmation était digne des plus gros événements que l’on a l’habitude de voir en Europe avec cette prédominance pour une techno sombre et groovy. Si elle ne manque pas d’intérêt, le festival y gagnerait peut être en accordant une place plus importante à d’autres courants qui ont souvent du mal à s’imposer dans ce type d’évènement, on pense particulièrement à « l’ indus », mais aussi à l’EBM, l’IDM, l’ambient, cependant, cette direction artistique pourrait s’avérer risquée, car étant donné la location de ce lieu exceptionnel, les moyens déployés et le nombre limité de festivaliers que peut accueillir le site, le festival doit impérativement assurer une affluence maximale sur les trois jours afin de ne pas être déficitaire.

Crédit photo: Nel\G Photography

Quant à nous, nous retiendrons des moments pleins de poésie comme la vue de géants des mers aux hublots allumés qui semblait flotter dans la pénombre, les escapades nocturnes au sommet de la falaise pour savourer religieusement le moment présent. Nous sommes repartis ivres de bonheur, la peau dorée et prêts à en découdre avec l’hiver qui nous semble soudainement plus doux. Vous l’aurez compris, le Fort Festival est une expérience inoubliable à faire impérativement au moins une fois dans sa vie, merveilleux, absolument merveilleux.

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