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Le Warehouse de Nantes transformé en temple vaudou psychédélique par EDC et Hadra

Skatry

Ce 24 novembre la crème de la psytrance s’empare du Warehouse de Nantes. Faites-place à Ethereal Decibel Company & au Hadra qui se chargeront de transformer 3 500 m² de club en temple vaudou psychédélique. Sensient et Whiptongue nous feront l’honneur d’être présents en plus d’artistes nationaux et locaux pour apprécier la psytrance comme il faut. 

Ethereal Decibel Company est une belle association qui depuis six ans organise des soirées et festivals psytrance de toute beauté dans le paysage breton. Celle-ci s’associe à l’équipe du Hadra Trance festival, l’un des plus grands festivals psytrance d’Europe et le premier de France pour une soirée unique au Warehouse de Nantes. Décidées à entremêler savoir-faire breton et grenoblois, réunies sous une même et joyeuse passion qu’est la culture psytrance, le thème de cette édition sera « Vaudou people » . Bien qu’il ne s’agisse que d’une soirée, un mini-village en plus d’une décoration de qualité sera de mise pour instaurer le public dans les meilleures conditions, dans une atmosphère chaleureuse et conforme aux valeurs, fonctionnement d’un festival psytrance habituel.


Toutes les infos ici.

Malgré la saison hivernale, ni EDC ni Hadra ne se laissent aller. Ils comptent bien transporter les plus grands amateurs de psytrance en musique, notamment avec 2 têtes d’affiche que sont Sensient et Whiptongue, mais aussi avec 2 scènes prévues pour des concerts variés et non-stop jusqu’au petit matin. De quoi être épaté et en voir de mille feux dans les 3 500 m² investis : stands artistiques, grande terrasse ouverte, animations.

Rien ne sera laissé au hasard, scénographes, techniciens lumières, sons, mappeur vidéo et autres vont collaborer main dans la main pour un sacré show technique. A l’instar d’un festival en plein air, les installations ne sont pas les mêmes et les rendus audiovisuels non plus en indoor. Les défis sont bien réels mais rien d’impossible avec des mains de fées.

A la Main Stage les Lucioles d’Hadra seront les auteurs de la scénographie, habituées des festivals européens tels qu’Ozora, Shakti, Freqs of Nature et autres. Leur caractéristique réside à être en mesure de travailler sur différentes couches mêlant plusieurs techniques et matériaux. En résultent fréquemment des oeuvres en relief donnant l’impression de représenter plusieurs plans et une profondeur de champ inédite. Le fameux The Mad Studio sera également de la partie. Tarian, artiste visuel à Rennes (graphiste, mappeur vidéo, dj, artiste performer en live vidéo générative) présentera son potentiel en VJ. A la différence d’autres professionnels du genre, il crée tout son contenu lui-même en temps réel : entre textures sombres, monochromes, contemplatives et introspectives avec une prédestination au glitch et autres bizarreries il saura surprendre les foules.

Une seconde scène sera prévue, car EDC et Hadra savent différencier les amateurs du côté lumineux de la Psytrance d’une part (progressive, full-on, psy-techno) et le côté plus sombre au tempo plus rapide (Psyché, Dark Prog, Forest, Darkpsy). Afin de dévoiler les meilleurs aspects musicaux divers et variés de la psytrance, cette scène permettra à tout le monde de trouver son compte, bass music, techno et chillout seront diffusés. SUB.CONSCIENCE s’occupera de fabriquer cet espace aux petits oignons, comme lieu de détente chaleureux.

Pour couronner le tout, nous avons échangé avec Derek d’Ethereal Decibel pour nous projeter dans leurs horizons psychédéliques, en avance.

Ethereal Decibel Company – Crédit photo : M’C’N’Rave

LOFI | EDC a déjà quelques années et s’est déporté dans le bassin nantais pour continuer ses aventures. 
Que représente la psytrance et ses déclinaisons pour vous ? Culturellement et votre attachement à ses musiques ? Votre rencontre avec le milieu ?

Derek (EDC) : la Psytrance est pour nous plus qu’une musique. C’est une culture complète, multiple et complexe qui nécessite, pour réussir à s’exprimer correctement, que l’on réunisse bon nombre de paramètres. Si l’on parle uniquement de musique, ce style rejoint les courants psychédéliques de tous horizons en offrant à son auditoire plus qu’une simple écoute. Réflexion, introspection, voyage musical, transe, … tels sont les termes utilisés par les participants de nos soirées pour décrire leurs expériences de la musique psytrance.
Ses déclinaisons sont pour nous comme des membres d’une grande famille que nous aimons réunir tous ensemble à chaque occasion. Nos membres tout comme notre public étant issu de (très) divers univers musicaux, nous avons toujours fait le choix de représenter au mieux les nombreux courants, majoritaires ou au contraire plus underground/expérimentaux. Ceci, pour satisfaire le plus grand nombre. Cela permet aussi au public de découvrir d’autres carcans de ce genre que celui auquel ils sont habitués à écouter quotidiennement, développer leur sens critique artistique, alimenter les discussions et argumentations avec ceux qui préfèrent autre chose que leurs goûts personnels, etc…

Notre attachement à cette culture découle de la convergence de 2 facteurs :
– Un amour pour les musiques électroniques et en particulier les musiques psychédéliques et le combat permanent que nous sommes nombreux à mener pour les faire exister. Ou plutôt survivre, dans un paysage culturel national extrêmement défavorable à leur expression sous toutes leurs formes.
– Une volonté de proposer mieux que les conditions d’accueil et de travail exécrable proposé par le format Free Party, imposés par le jeu du chat et de la souris permanent avec les forces de l’ordre, les montages dans l’urgence et un stress conséquent n’aidant pas la bonne coordination entre les différents acteurs des événements.
Nous avons donc dès le début choisi la voie de la légalité en montant l’association pour porter les projets de nos événements. D’abord dans le cadre de soirées privées, limitées à 500 personnes, mais permettant de passer plusieurs semaines sur site en amont et en aval de l’événement pour assurer la bonne préparation, gestion, remise en état du terrain.

Hadra Trance festival – Crédit photo : Guigui Photographie

Mais dès 2015, les soirées sont complètes 3 mois en avance et les jauges légales ne sont plus tenables. L’association passe alors sur des formats légaux de festival pour assurer la bonne proportion des conditions d’accueil des participants. Notre rencontre avec le milieu est assez diverse, car nos équipes se sont étoffées avec le temps. Ainsi nous n’avons pas tous grandi au même endroit, n’avons pas voyagé aux mêmes endroits, n’avons pas tous les même intérêts musicaux. Et donc, ne fréquentons pas forcément les mêmes soirées en dehors de nos événements. Toutefois si l’on devait citer une anecdote, il faudrait parler du Symbiose festival au Portugal en 2012 ou 2013 :

C’était un festival organisé par une équipe française complètement à la ramasse. Au bout d’une journée, le festival s’est arrêté, les organisateurs ont fui et abandonné le site. Et certaines équipes techniques et artistiques des scènes alternatives se sont motivées pour rassembler tous les gens abandonnés là et monter une toute petite scène au bord d’un lac pendant 2 jours. À ce moment-là, on s’est dit qu’il fallait montrer l’exemple pour que ce genre d’organisateurs irresponsables n’aient plus lieu d’être !

LOFI | Comment pourriez-vous décrire en quelques mots cette collaboration avec l’association Hadra ? Nous sommes très heureux et impatients de découvrir le fruit de vos travaux ensemble.

Derek (EDC) : Hadra a toujours été un soutien précieux pour l’association en terme de conseil et d’accompagnement dans tous les domaines.
LOFI : comme nous en avons déjà parlé dans notre présentation et reportage du festival de cette année, Hadra est l’un des acteurs les plus importants dans la sphère psytrance.

LOFI | Indoor, outdoor, les festivals psytrance en plein air sont souvent le must pour partager cette culture psytrance dans un format développé (stands de textiles, oeuvres d’arts, nourritures et boissons atypiques, jeux, chill-out, spectacles, musiques, ateliers de bien-être, conférences etc). Quels sont aussi pour vous les atouts de l’indoor ?

Derek (EDC) : bien que nous soyons tous fans des soirées en open air, elles induisent certaines contraintes importantes :
1) La météo : dans notre pays et plus particulièrement dans nos régions limitrophes, il fait froid et il pleut parfois jusqu’entre octobre et avril (2017-2018 par exemple). Les conditions météo sont absolument imprévisibles 8 à 12 mois en avance, temps nécessaire à la préparation nécessaire à un événement de belle ampleur. Les soirées indoor permettent d’offrir un toit intégral à nos événements et aussi mais surtout, des parkings en bitume, pas en boue.
2) L’accessibilité : ce point concerne plus particulièrement les clubs de ville tel que le Warehouse qui nous accueille. Les soirées en open air étant souvent excentrées pour éviter les nuisances sonores et avoir un cachet « nature » assez important, elles sont aussi plus difficiles d’accès et induisent souvent de devoir rester sur place pour être en état de rentrer le lendemain. A l’inverse, les clubs des villes permettent d’avoir des évents dans les villes accessibles en transports. Cela permet de toucher un public plus citadin composé de curieux venus découvrir le style ou admirer la déco, bref élargir nos horizons et attirer un public non initié, pour l’introduire en douceur à notre vision de l’événementiel.
3) La logistique : sur un open air, on a un champ et c’est tout. Il faut tout acheminer, monter, démonter et renvoyer. Dans un club tout est sur place, toute la technique est montée et démontée vu qu’elle est en installation fixe. Le ménage est aussi sous-traité. C’est donc un poids EXTRÊMEMENT moindre à porter en terme d’organisation. De plus, les infrastructures des ERPs sont prévues de base pour accueillir du public. Vestiaires, guichets, et autres bars sont agencés de manière efficace et donnent un plus non négligeable en terme de contrôle d’accès et de gestion des foules.
4) La sécurité : en club, les effectifs de sécurité connaissent généralement parfaitement les lieux et sont donc d’autant plus attentifs à ce qui peut se passer et réagir le cas échéant très très vite.

Ethereal Decibel Company – Crédit photo : Skatry

LOFI  | Comment allez-vous nous plonger dans votre univers une nouvelle fois avec vos brins de magie ?

Derek (EDC) : eh bien comme tu le dis, on laissera faire la magie vaudou ! Non, plus sérieusement, nous faisons appel cette fois-ci à un assortiment de prestataires déco et vidéo qui ont maintes fois fait leurs preuves. Nos programmateurs ont pris un malin plaisir à travailler ensemble pour sélectionner le meilleur de nos 2 associations et agrémenter le tout de jolies têtes d’affiche qu’on en voit qu’extrêmement rarement dans notre pays, donc soyez rassurés, le jeu en vaudra la chandelle !

LOFI | Quels sont les défis également à relever lors d’événements à organiser en indoor ?

Derek (EDC) : Comme expliqué plus haut, les clubs ont leurs avantages, mais aussi leurs inconvénients. Le premier point c’est l’existant, le bâtiment. Lors d’une édition en open air, nous avons tout le loisir d’aménager le lieu à notre convenance, que ce soit du coté pratique et technique comme de l’esthétique. Dans un club, par définition, il faut s’adapter aux conditions présentes et c’est surtout par une scénographie poussée et les moyens qui lui sont alloués, que notre culture réussit à transformer un lieu ouvert en 3 soirs par semaine depuis 1 an (et bien plus avant sa reprise par la nouvelle équipe) en une toute nouvelle expérience, l’espace d’une soirée.
Le deuxième point, c’est tout simplement les infrastructures nécessaires à l’accueil du public dans de bonnes conditions. Parkings, transports en commun, nourriture sur place, il faut pouvoir réunir toutes ces circonstances pour offrir une belle édition. Et à ce titre, nous nous imposons des conditions que peu de clubs peuvent avoir à leur disposition.

Enfin, la mixité des publics novices et habitués de notre culture peut parfois donner lieu à certaines tensions lorsque les valeurs et habitudes / attitudes sont trop divergentes. Il faut donc veiller à ce que tout le monde passe une bonne soirée quelles que soient ses idées et convictions.

Ethereal Decibel Company – Crédit photo : ça s’est passé près de chez vous

LOFI | Face à d’autres expériences à l’étranger, qu’est-ce qui vous motive aussi en Pays de La Loire, Bretagne et alentours pour mener vos propres projets ?

Derek (EDC) : nous avons plus ou moins tous, en effet, voyagé dans les autres régions de France et les pays limitrophes pour prendre part aux autres festivals de notre milieu. Mais il en ressort qu’il y a quelque chose de spécial chez nous. Fort de son histoire, l’Ouest incarné par la Bretagne (au sens large) est encore aujourd’hui une terre fertile de culture, d’entraide, de partage et de respect. Par conséquent, on y voit fleurir depuis longtemps une scène électronique diverse et variée. Et pour cause, en tant que région pilote pour la gestion des free parties, ce territoire a permis à nos cultures de se développer bien plus vite et sereinement, mais aussi d’éduquer un public qui est toujours plus propre et respectueux car plus conscient de ce que coûte un évent, humainement comme financièrement. Et du côté artistique, notre région n’est pas en reste. Avec une scène locale dense, dynamique, mais surtout extrêmement soudée, qui peut se targuer de compter certains des meilleurs producteurs mondiaux de psytrance en son sein. Alors nous chez EDC on aime vraiment notre public et notre scène locale. Si nous continuons contre vents et marrées à offrir notre vision et nos soirées à notre public et de faire travailler les acteurs locaux pour les financer, ce n’est pas un hasard, ils nous le rendent bien !

Merci à Ethereal Decibel Company pour cette passion intense partagée avec nous, qu’on a hâte de vivre ce 24 novembre, toutes les infos ici.

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