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Interview : derrière l’ombre de Monolithe Noir et de son EP Slowly Changing

Courses poursuites haletantes, couloirs sombres, un artiste que l’on rencontre rarement pour ses lives et productions avec véhémence. On tire donc notre révérence à Monolithe Noir pour son dernier EP qui brise la glace avec ses dernières influences pop.

Artiste que l’on n’hésite pas à s’emparer pour des ateliers et concerts pointus, avec une tournée actuelle dans toute la France, Monolithe Noir fait partie de ces musiciens qui savent magnétiser leur public.

LOFI | Enchanté Monolithe Noir, tu nous expliques le choix de cette pierre et de ce blaze ?

Le monolithe noir vient de 2001 Odyssée de l’Espace. J’ai regardé ce film sur le tard il y a à peu près 5 ans et ça a été un choc esthétique. Il me semblait que tout convergeait dans un même objet : scénario, musique, décors. J’ai apprécié ce côté manifeste artistique mêlé à l’opacité de l’intrigue et du propos. Je n’ai même pas trop pensé à la sonorité du blaze, plutôt à l’idée de me sentir porté par un concept qui pouvait à la fois m’échapper et me permettre de m’affirmer.  

LOFI | Bordeaux > Bruxelles, pourquoi ? Reviens-tu de temps en temps à Bordeaux ? Quels sont tes lieux culturels de prédilection à Bruxelles ?

Alors Bordeaux n’est pas du tout ma ville d’origine. C’est un coin où j’ai aimé vivre mais qui finalement était assez éloigné de ma mentalité – je suis breton et bien que pas bretonnant, je suis attaché au côté rude de la Bretagne. J’ai aimé vivre à Bordeaux mais cela a été difficile de consolider des amitiés et de m’y sentir comme chez moi. D’autant plus que je faisais beaucoup d’allers-retours vers Paris où j’ai vécu et continuait à travailler à l’époque. Il m’a fallu peu de temps pour comprendre que Bruxelles serait une ville pour moi.

LOFI | En termes de défis, tu as déjà fait la première partie de Girls in Hawaï. Comment avais-tu préparé ta prestation ? Quelles impressions de passer à la suite de leurs chansons et univers bien fleuri ?

Je n’ai rien préparé dans ce sens. Parce qu’il était couru d’avance que quels que soient les efforts que j’aurais pu faire pour me rapprocher de leur public, j’aurais toujours été, sauf à de rares exceptions, aux antipodes de leurs attentes. Il faut savoir que je jouais avant, le décalage était donc d’autant plus criant. Mais c’est aussi de ce genre de décalage frontal qu’on peut apprendre qu’on n’est pas prêt à changer pour plaire à un autre public.

LOFI | On a l’impression de partir sur les routes d’un bon thriller haletant. On retrouve toujours des percussions et instants déchaînés. Ça ne t’a jamais redit de te remettre à la batterie ?

Je joue plus que jamais de la batterie puisque j’accompagne plusieurs groupes belges (Fabiola, Insecte, Trésor, Les Juliens). Avec Tim de BRNS on développe une formule de Monolithe Noir avec batterie. D’ailleurs c’est moi qui enregistre les batteries pour mon projet même s’il s’agit ensuite de les déconstruire et d’en faire quelque chose qui ne sonne pas du tout comme de la batterie. C’est à priori là-dedans que j’ai le plus d’aisance donc c’est un des gestes qui me vient en premier quand il s’agit de composer de la musique.

LOFI | Dans By Twos, on y trouve la voix mélancolique de Peter Broderick. Comment s’est faite cette collaboration, musicalement et humainement ?

J’ai rencontré Peter, virtuellement dans un premier temps, grâce à Florent Garnier et Sylvain Chauveau (pour qui j’ai joué dans Ensemble 0 d’ailleurs) du label I will play this song once again records. Florent m’a dit qu’ils étaient régulièrement en contact et que je pourrai le contacter de leur part – et sans ça il n’aurait probablement pas pris le temps de jouer le jeu. Je sais maintenant qu’il voulait refuser dans un premier temps, faute de temps et puis finalement il m’a envoyé ses prises de voix deux jours après que je lui ai écrit sans même me dire « oui » ou « non » ou « je vais essayer quelque chose ». Peter est très aiguisé artistiquement. Il a une réelle pratique du songwriting et aussi une instantanéité qui découle pour moi de la musique folk dans sa dimension folklorique dans le sens où la musique permet de se connecter avec son semblable dans un rapport immédiat et aussi de raconter des choses très simples. 

Live au Badaboum le 11 octobre 2018

LOFI | Entre expérimental, ambient et airs de rock, cet EP marque la fin de sonorités plus pop et parfois planantes d’anciens morceaux. Des anecdotes suite à cette évolution ?

Je doute très souvent mais au final une fois que la direction est prise, plus de place pour le doute. Après « Slowly changing » je me suis vite remis à composer pour un album, tout a commencé à partir fort dans l’ambient et l’expé et puis finalement je me suis dit « tiens je vais faire quelques prises de batterie pour avoir certaines textures acoustiques » et je me suis retrouvé dans une phase plus rock mais juste pour une heure ou deux. Tout ça dépend vraiment de ce qui me tombe sous la main. Si je n’ai que mon laptop sous la main et que j’ai la flemme d’aller au studio j’emprunterai d’autres voies, où je focaliserai sur le travail de la matière que j’ai déjà recueilli – field recordings, prise de batterie, pistes ambient. Parfois je bute et je bute et je sais que c’est là qu’il y a un truc à développer pour faire une nouvelle percée dans mes habitudes. En vrai je n’ai pas trop d’anecdotes…

LOFI | Quels sont les lieux de spectacles ou festivals qui t’ont invité, qui t’auront marqué en 2018 ?

J’ai adoré jouer à Terra Incognita (Carelles), ça m’a permis de rencontrer les QuinzeQuinze qui étaient vraiment très bons. Le Rouxteur Festival à Mains d’Oeuvres était au top. Revenir à Brest où j’ai fait mes études pour jouer dans une brasserie grâce à la Carène c’était aussi une chouette expérience – avec une mention spéciale pour la tournée des bars avec mon meilleur pote de fac dans la foulée. Les Siestes Teriaki c’était assez idéal en termes humain et de cadre aussi.

LOFI | 2019 est signe de quels futurs projets pour toi ?

Un album avant 2020 et plus de sport.

Merci grandement à Monolithe Noir pour cette interview.

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