Interviews

Rétrospective du festival Panoramas 2019

Festival Panoramas Light
Crédit photo : K.H

24 000 festivaliers se sont retrouvés du 12 au 15 avril à Morlaix, capitale de la techno l’espace d’un weekend. Têtes d’affiches, pionniers et étoiles montantes, étaient au rendez-vous. Le Festival Panoramas c’est également une ambiance autour des animations annexes tout au long au weekend. On vous offre une piqûre de rappel de cette aventure

Un vendredi soir sous le signe du live

Difficile de se faire un line-up idéal quand toute la programmation est irrésistible, néanmoins quelques choix ont été faits. À notre arrivée, nous sommes allés voir le projet KOMPROMAT (Vitalic et Rebeka Warrior). On y a retrouvé la patte de Vitalic, ses sonorités faisant penser à « La mort sur le dancefloor« , « Sweet Cigarette » illustrée par des paroles chantées en allemand par Rebeka Warrior. Parmi les autres artistes, Arnaud Rebotini a éveillé notre curiosité. Ce personnage est l’élégance et la grâce incarnée de part sa coiffure et son costume. Entouré de divers synthés et machines en tous genres, il a su nous faire voyager dans son monde avec la grâce qu’il incarne. Sonorités très « old-school » et surtout très dansantes. Un moment comme on les aime où on pouvait fermer les yeux et se laisser porter.

Arnaud Rebotini - Festival Panoramas ©Minuit du matin
Arnaud Rebotini – Festival Panoramas ©Minuit du matin

Rencontre avec Sara Zinger

En parallèle jouait Sara Zinger. Tant que possible un micro à la main pour jouer ses edits où elle pose sa voix. Elle a délivré une prestation entre techno, pop et electro haute en couleurs qui n’a pas laissé de marbre les festivaliers, notamment lorsqu’elle a joué son edit « Another Brink in the Wall » morceau composé pour les Trans Musicales. Nous lui avons posé quelques questions avant son passage au Klub Explorer.

LOFI : Bonjour Sara, depuis combien de temps as-tu commencé à faire de la musique ?

Sara Zinger : J’ai commencé à mixer il y a 10 ans et j’ai commencé à produire il y a 4 ans. J’étais résidente dans un club du jeudi soir au samedi soir de minuit à 6h. Il faut une sacrée playlist.

LOFI : Qu’est-ce que tu écoutes chez toi ? Quelles sont tes influences ?

Sarah Zinger : Je suis très pop, j’écoute beaucoup Niagara, Aloïse Sauvage, Hyphen Hyphen ou encore Kiddy Smile.

LOFI : Est-ce que tu peux nous parler ton edit Another Brick in the Wall ?
Comment t’es venue l’idée de reprendre les Pink Floyd ?

Sarah Zinger : J’ai joué aux Trans Musicales de Rennes, un festival qui a la particularité de ne pas avoir de têtes d’affiches. Comment remercier le public de se déplacer pour quelqu’un qu’ils ne connaissent pas ? La réponse m’est venue directement en tête, je vais faire un edit d’une musique que tout le monde connaît : Another Brick in the Wall des Pink Floyd. On a eu l’autorisation pour une sortie officielle. Certains sont un peu froissés qu’une p’tite meuf se permette de reprendre les Pink Floyd mais tout ce que je vois c’est que ça fait danser.

LOFI : Un artiste avec qui tu voudrais produire quelque chose ?

Sara Zinger : J’adorerais produire quelque chose avec Kiddy Smile, je fais sa première partie en plus. J’adore son univers, on avait besoin de ça, on a juste besoin de faire la teuf.

Productrice assidue, son premier EP vient de sortir et un album est en préparation. Elle a également participé à d’autres projets comme la « Fashion Week » de Paris.

« Je compose des morceaux pour la « Fashion Week ». 1 mois pour composer 16 minutes alors certains passent 2 mois pour un track. Il faut qu’il se passe plein de choses par rapport aux fringues, il faut que ça tape au bon moment. Je suis le genre de personne qui ne dort pas beaucoup pendant la « Fashion Week » alors que je ne fais pas de fringues. »

Les collectifs aussi font danser la foule

Canal 16 – Parking Festival Panoramas

Le Festival Panoramas est réputé pour être très festif, même sur les différents parkings. Les After To Before sont devenus un véritable rituel perpétué par différents sound-systems et collectifs locaux. C’est au parking 6 que jouait « Canal 16 ». Le collectif continuait d’ambiancer les festivaliers après la fermeture du site pour un After To Before de 6h à 20h. De la psy au hardcore en passant par la techno et le jumpstyle, le jeune Crew a fait vibrer pas moins de 200 personnes tout au long de la journée. Pour couronner le tout, deux membres de La Menuiserie sont venus s’échauffer avant de jouer sous le chapiteau plus tard dans la soirée.

Un samedi soir satisfaisant dès son ouverture

Comment faire venir les festivaliers dès 20h30 un samedi soir ? En promettant un B2B epic entre les fous de La Menuiserie et les excentriques Salut C’est Cool ! L’idée était de passer des sons allant des 150 bpm aux 200. Un set déjanté avec de véritables ambianceurs n’hésitant pas à prendre le micro pour faire danser le public à base de « et c’est partiiii » tels des forains, ce côté folie tout à fait assumé a plu au public. Dans un autre registre, nous avons beaucoup apprécié Miley Serious au Klub Explorer. Loin de Miley Cyrus, l’artiste a livré une prestation aux sonorités très sombres, acid et parfois breakées. Son style est également reconnaissable de par ses lignes de basse très saturées aux influences punk.

Rencontre avec Darzack

En clôture de cette salle jouait Darzack, un jeune malouin (originaire de Saint-Malo) déjà très prometteur. A peine arrivé et déjà acclamé par un public de connaisseurs, en 2 ans de tournée il s’est forgé une identité et pas qu’en Bretagne. Adepte du live, sa prestation vacillait entre techno, acid et percussions afro. Les sonorités planantes étaient au rendez-vous, les vocaux aussi notamment ceux de « Tourne La Page » qu’il a joué en dernier morceau. Nous sommes allés à sa rencontre pour davantage le connaître.

LOFI : Bonjour Darzack, d’où vient ton nom d’artiste ?

Darzack : Est-ce que je devrais le dire en interview ? Bon allez, ça vient de mon père qui est comédien, acteur et chanteur lyrique. J’ai une liste de tous les personnages qu’il joue et je choisis parmi cette liste, des noms d’artistes pour mes projets. C’est comme ça que je lui rends hommage.

LOFI : Quelles sont tes influences en matière de musique électronique ?

Darzack : J’ai commencé à me forger une culture électronique en écoutant The Bloody Beetroots, Laurent Garnier, Marc Romboy, Madben, Carpenter Brut. Mes styles de prédilection c’est le blues, la techno, l’electro trash et la chanson française.

LOFI : Depuis combien de temps joues-tu de la musique ?

Darzack : J’ai commencé à jouer de la musique à 8 ans et c’est depuis 2 ans qu’on peut me retrouver entre autres en festival, en club ou en warehouse.

« Ma première scène j’avais 9 ans, je jouais jazz aux percussions avec un set de 220 degrés devant 300/400 personnes pendant 2h, pas stressé. J’ai tapé un solo de 10 minutes sur children song number 4 de Chick Corea, j’ai eu une énorme ovation, c’était le début de la beauté de jouer devant un public. »

LOFI : Est-ce que tu peux nous parler de ton parcours musical ?

Darzack : J’ai commencé par une formation jazz ou j’ai appris à manier le piano et les percussions, j’ai ensuite couplé ça avec une formation de batteur professionnel et je me remets à l’accordéon pour mon projet chant. Je vais le faire rentrer dans mes machines.

LOFI : Tu as mentionné ton projet chant, est-ce que tu peux nous en parler ? Est-ce que tu as d’autres projets en cours ?

Darzack : Je travaille sur un projet chanson française électronique, inspiré par Sébastien Tellier et Christophe qui s’appelle Prince Danilo. J’ai également un projet techno a 3 en live qui s’appelle HDN avec H et NTBR et beaucoup d’autres.. J’essaie de créer plusieurs moods, plusieurs styles de lives pour pouvoir jouer partout, découvrir et faire découvrir.

Pour en savoir plus, nous vous invitons à vous rendre sur la page Youtube de son label « Maison Béryl ».

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