Interviews

On s’engoufre dans l’acid melodic techno de Calling Marian

Crédit photo : Jean Ranobrac

En écoute, un appel somptueux entre techno, expérimental et mélodique nous entraîne vers l’artiste Calling Marian. Variant entre rythmes entraînants d’acid et techno melodic, nous entrons dans un univers riche en textures électroniques. Alliant enchantements fantasy, dark spirit et tapages de pieds raffinés.

Calling Marian ou Marianne Delorme, c’est une compositrice, productrice particulièrement appréciée des soirées LGBT lyonnaises. Elle sévit actuellement à Paris. En pleine ascension, nous sommes allés à sa rencontre pour l’interviewer et mieux appréhender son nouvel EP. En effet, « Rainmaking » apparaît sur son propre label, CVNT Records. Fondé il y a quelques mois récemment. Force tranquille, elle vient de remporter le prix du jury des derniers Inouïs du Printemps de Bourges . Ses productions sont variées, entremêlant rêves oniriques mélodiques et marches toniques aux allures acides. Ce mélange intrigant mais équilibré n’a fait qu’accroître notre curiosité sur son personnage.

LOFI | Enchantée Calling Marian, petite histoire de ton blaze ?

Je m’appelle Marianne, et quand j’avais 18 ans j’ai découvert cette chanson homonyme sur le premier album de Nouvelle Vague. C’est le refrain de la chanson ‘I hear you calling Marian’ qui est en fait une reprise des Sisters of Mercy, un groupe de darkwave des années 80. J’adore les deux versions et ça reflète bien mes influences multiples. 

LOFI | Quelles ont été tes ressentis à l’idée de te lancer en tant qu’artiste féminine ?

Je n’ai pas eu de ressenti particulier, il y avait autant de filles que des garçons dans ma FAC de musique. Le seul moment où je me souviens que je suis définie comme « artiste féminine » (et pas juste comme « artiste ») C’est quand on me le fait remarquer. 

LOFI | Tu as parcouru divers coins de la France entre Montpellier, Lyon, Paris. Quelles ont été tes inspirations musicales à chaque endroit ? Des rendez-vous incontournables à nous proposer ?

Montpellier est la ville où j’ai vécu plus de 20 ans et où j’ai fait mes études. Ce serait compliqué de résumer cette période musicalement. Tous les styles s’y sont croisés. J’adorais le bar le Tralala. J’y ai fait mes premiers afters. Je crois qu’il a fermé depuis, mais quels bons souvenirs. 

Crédit photo : Marie Rouge

À Lyon j’ai commencé à digger plus d’électro et de techno pour mixer. Donc j’ai vraiment commencé à me spécialiser dans ce style-là. Je recommanderai toujours Le Sonic, un bar indé sur une péniche et Chez Émile, un disquaire de fou.  

A Paris j’ai commencé à acheter beaucoup de vinyles, à (ré)écouter des trucs variés, des musiques rares et pas forcément mixables. La ville entière est un terrain de jeu incroyable, ce serait difficile de ne choisir qu’un spot/ Mais j’aime beaucoup la Station Gare des Mines, un lieu rare, une prog pointue et un public très cool. 

La Station – Gare des Mines – Présentation

[ Retour en images ] La Station – Gare des Mines ? C'est un laboratoire convivial, festif et hors format consacré aux scènes artistiques émergentes et présentée par le Collectif MU dans le cadre des Sites Artistiques Temporaires (démarche initiée par SNCF Immobilier).En une cinquantaine d'événements, dont une trentaine gratuit ou à prix libre, plus de 270 artistes et groupes programmés avec près de 40 organisateurs et labels indépendants, La Station a accueilli près de 25000 visiteurs en 4 mois. La clôture de cette 1ère saison aura lieu le dimanche 30 octobre, save the date…Images & Montage © Arthur Gouté sur une musique de Sydney Valette.

Publiée par La Station – Gare des Mines sur Vendredi 30 septembre 2016

LOFI | De la guitare, au piano, au chant puis électro. Quels ont été tes premiers coups de cœur quand tu t’es mise à écouter de l’électro ?

L’électro a toujours été là, simplement pas au premier plan. J’ai écouté beaucoup de Massive Attack, tous les Kraftwerk, The Hacker, Miss Kittin, Robots in Disguise, Ladytron, Soap&Skin Sexy Sushi, Mister Oizo, Chloé, Yuksek… Plus tard j’ai découvert Laurent Garnier, Richie Hawtin… et progressivement la techno. Mais je n’ai jamais été exclusive, j’ai toujours écouté de la trip hop, des gros tubes de pop, du classique, j’ai eu une phase dubstep, drum n bass ou encore hip hop. La bonne musique est partout. 

LOFI | Ça fait quoi de passer sa voix dans sa propre musique ?

J’ai fait le choix après avoir enregistré des morceaux folk/voix toute mon adolescence de faire de la musique uniquement instrumentale. Je sais chanter, j’ai même étudié le chant, mais ce n’est pas ce qui me fait vibrer.

Je ne sais pas tellement quoi raconter en texte. Ce que j’aime vraiment c’est composer et chercher les sons. L’expressivité instrumentale peut être très forte. Et puis les gens attendent souvent de moi que je sois chanteuse, mais j’aime bien être là on ne m’attend pas. 

LOFI | Quels morceaux aurais-tu aimé produire ?

Je pense souvent à Telepath de Geinst. Ce morceau pour moi est une merveille. 

LOFI | Acid, techno, en écoutes-tu autant que tu en aimes en produire dans le quotidien ?

J’en écoute et j’en dig oui mais pas exclusivement. Souvent chez moi j’écoute des trucs posés. (Ma playlist du soir : Asha Puthli, Saada Bonaire, The Internet, Moscoman, Âme…).

LOFI | Tes futurs challenges ?

Écrire un album, gérer mon label, ne pas stagner musicalement, savoir me réinventer. J’aimerais bien faire de la production pour d’autres musicien.nes pourquoi pas ?

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