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Nuits sonores 2019 : un festival qui continue d’exceller

©youcantbuybuy

C’est durant le long week-end de l’Ascension, du 28 mai au 2 juin que le festival des Nuits Sonores s’est déroulé à Lyon : entre différents lieux iconiques et grandioses de la ville. Réputé pour son urbanité et ses programmations fournies et pointues, Nuits Sonores demeure un festival incontournable de la scène française pour tout adepte et passionné de musiques électroniques en signant une 17ème édition de grande qualité. 

UN MARATHON DE MUSIQUES ÉLECTRONIQUES

Le festival débute par une soirée d’ouverture au somptueux auditorium de Lyon, avec le pianiste, chanteur et rappeur Chilly Gonzales. Cette ouverture démontre la légitimité et la reconnaissance dont bénéficient les Nuits Sonores dans la ville de Lyon. S’enchaînent ensuite 4 folles journées, un Closing Day et 4 nuits endiablées et frénétiques, pour une programmation forte de plus de 100 artistes, montants comme prestigieux. Tout cela, sans compter les innombrables Extra! et Événements spéciaux répartis dans toute la ville de Lyon. Entre set et live, la qualité des systèmes son et des concerts est constamment haute durant tout le festival. Chaque jour était alors programmé par les soins d’un curateur, soit Bonobo pour le Day 1, puis Peggy Gou, Maceo Plex et Lena Willikens aux commandes du Day 4. Chacun nous emmenèrent dans leur univers, accompagnés d’une belle ribambelle d’artistes, le temps d’un Day, de 15h à 22h. Les trois premiers curateurs ont donc clos leur Day par un concert imposant et plébiscité, dans l’immense salle 1930 de la Sucrière. Notons la superbe performance de la sud-coréenne Peggy Gou, et son warm-up de folie, oscillant entre une house aux inspirations disco, aux notes percussives chaleureuses et aux tons acid qui firent sa marque de fabrique, et des rythmes plus techno, largement ovationnée par le public des Nuits Sonores.

© Brice Robert

Se sont donc enchaînés durant ces 5 jours de festival des artistes nous présentant un large panel de musiques électroniques: de la techno à l’acid en passant par la house, la dubstep, l’ambient, l’EBM, l’italo mêlant différentes influences entre disco, funk, boogie, garage, tout comme des artistes plus instrumentaux comme le groupe Nihiloxica, James Blake, MEUTE, The Comet is Coming, ou expérimentaux comme le live en trio de DjRUM. Le public a donc eu la chance de danser aux rythmes de grands artistes comme Laurent Garnier, Model 500, Marcel Dettman, DIMA, Jeff Mills, Octo Octa ou encore la grande The Black Madonna, qui clôtura la Night 4 avec panache – délivrant un set house remarquable et plébiscité, accompagné durant un temps de Drag queen puis de l’équipe des Nuits Sonores – et tant d’autres. Les Nuits Sonores assurent donc une diversité musicale maîtrisée, gravitant autour des musiques électroniques. Pour un festival à la programmation pointue, favorisant la découverte de nouveaux artistes.

UNE ŒUVRE MUSICALE ET URBAINE TOTALE 

Le festival des Nuits Sonores est connu et reconnu pour le lien étroit qu’il entretient avec l’urbanité, l’environnement urbain et la localité de la ville de Lyon. Les Days se déroulent donc sur le site de la Sucrière, entre la fameuse salle du Sucre, la salle 1930 de la Sucrière et l’Esplanade. Ainsi, les festivaliers ont la chance de passer les Days dans cet espace urbain monumental, très agréable. Entre le cadre naturel des bords de Saône et le cadre industriel du site, avec une vue panoramique sur la terrasse du Sucre. D’autres événements sont organisés sur les nouveaux sites H7 et Hôtel71, composant l’European Lab Camp, pour l’European Lab, tout près de la Sucrière. Les Nuits quant à elles se déroulent dans un cadre gigantesque, totalement industriel. Celui des usines Fagor-Brandt. Au-delà de ces deux lieux iconiques, les Nuits Sonores nous conduisent à découvrir davantage la ville de Lyon. Ceci, au travers du Circuit de la Nuit 2, menant dans différents lieux, culturels et de fêtes, emblématiques de la ville comme le Lavoir Public, le Transbordeur, les Halles du Faubourg ou encore le Petit Salon; à travers les différents Extra!, mettant en lumière la Street Culture et la Pop Culture sous de multiples aspects, du skate au hip-hop en passant par la bande-dessinée, du Parc Blandan à différentes places du 1er arrondissement au 7ème en passant par des croisières sur le Rhône; et enfin à travers les Évènements spéciaux, comme les deux Villa Schweppes nous invitant à la très célèbre piscine du Rhône. Évidemment l’organisation et les infrastructures sont au rendez-vous. Celles-ci sont efficaces et adaptées à la taille du festival, notamment via le système Cashless, favorisant une expérience festivalière désengorgée, fluide et détendue.

© Brice Robert

Ces innombrables lieux sont accompagnés et habillés par une scénographie à grande échelle, très architecturale. Looking For Architecture et Yves Caizergues Lighting Design en sont les auteurs, pour les locaux des Days et des Nuits. Géométrique et linéale, renforçant la force centrale de l’îlot où joue l’artiste, la scénographie de la salle 1930 de la Sucrière est très graphique. Elle fut portée sur le motif et sur des couleurs vives et diffuses rappelant la charte graphique des supports de communication de l’édition 2019. De même, quoique plus obscure, pour le Sucre, équipé de nombreux LED et néons. Excepté pour le Closing Day où la scène du Sucre est habillée de modules aux formes minérales, aiguisés et dynamiques réalisés par The Absolut Company Creation, afin d’accueillir Octo Octa, Pablo Valentino et Avalon Emerson. Les anciennes usines Fagor-Brandt quant à elles, voient ses halles baignées et reliées par la lumière diffractée et éclatante d’une grande boule disco, au centre du complexe. Il semble que les festivaliers planent et volent, emmenés dans un ailleurs, dans une bulle durant ces nuits intenses de festival. La Hall 1 dispose d’une scénographie immersive, à la hauteur de son envergure. Composée d’un très grand nombre de spots, semblant découper l’espace, le remplir. La Hall 3, dans l’esprit de la salle 1930, se voit équipé de rangées de néons, formant une étoile partant de l’artiste. La force émanente de celui-ci semble décuplée, les ondes sonores semblent matérialisées.

© Gaetan Clement

Tout ce travail organisationnel, logistique et artistique se trouve au service d’un éclectisme d’événements, divers au niveau des tailles, lieux, scénographies, formats. Ceci permet de proposer un festival de musiques électroniques de grande envergure, accessibles à tous les budgets, tous les âges. Les Nuits Sonores s’expandent dans Lyon. C’est alors toute une ville qui bat au rythme de ses événements et de ses nuits 5 jours durant.

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